Comment manger du poisson sans avaler du mercure ?

Devons-nous renoncer au poisson et à ses nutriments et vertus exceptionnelles ? Ou prendre le risque de s’intoxiquer en mangeant du poisson chargé de mercure neurotoxique... ?

Un cruel dilemme.

L’équation poisson = oméga-3 + mercure est-elle insoluble ? Aujourd’hui, le mot « poisson » est très souvent associé au mot « mercure » : le sujet est devenu une source d’anxiété alimentaire. Faut-il renoncer à cette importante source de bons gras indispensables à l’organisme pour éviter d’ingérer du mercure ? La réponse en quatre points des experts : L’Anses estime que la consommation de poissons ne présente pas de risque pour la santé au regard du risque lié au méthylmercure. En effet, l’ingestion de méthylmercure par la population est inférieure à la dose journalière tolérable définie par l’OMS.

Deux chercheurs de l’université de Grenade, en Espagne, déclaraient en 2015 dans un article publié dans le British Journal of Nutrition : « La grande majorité des études épidémiologiques ont démontré que les avantages de l’apport en poisson dépassent les risques potentiels, à l’exception de quelques espèces sélectionnées. »


Il faut éviter de manger les gros poissons d’eau profonde, prédateurs qui sont très contaminés (espadon, requins, lamproies, maquereau roi, marlins – proche de l’espadon – et sirkis – variété de requin).

L’Anses recommande de limiter la consommation de poissons d’eau douce, fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure). Le site de l’Anses (https://www.anses.fr/fr/content/manger-du-poisson-pourquoi-comment) donne des repères détaillés en termes de quantité, fréquence et espèces à consommer sans danger. Il n’y a donc pas lieu d’abandonner notre source principale de bons gras et de renoncer à un aliment qui nous protège très efficacement.

Le poisson sain est important pour les femmes enceintes ou susceptibles de tomber enceinte, ainsi que les mères qui allaitent et les jeunes enfants car il apporte des oméga-3 qui ont un rôle crucial dans le développement cognitif des enfants.

Le poisson est une source importante de protéines de haute qualité, de vitamines, de minéraux et de graisses oméga-3 (EPA et DHA – acide eicosapentaénoïque et acide docosahexaénoïque) qui jouent un rôle majeur dans la préventions des maladies chroniques.


Comment augmenter le QI de votre enfant de 3,3 points en mangeant du poisson ? Les femmes enceintes ou allaitantes qui mangent 225 g à 340 g de poisson deux fois par semaine pourraient augmenter de 3,3 points le QI de leur enfant à l’âge de 9 ans, selon une étude publiée en 2016 dans le Nutrition Journal.


BONNES PRATIQUES POUR CONSOMMER SEREINEMENT DU POISSON Consommez du poisson deux fois par semaine, dont un gras. Évitez les prédateurs comme l’espadon, le marlin, le requin... Vérifiez les avis locaux sur la sécurité des poissons issus de la pêche de loisir dans vos lacs, rivières et zones côtières. Évitez le poisson frit et pané, préférez les cuissons au bain-marie, pochées et à la vapeur, les marinades, les papillotes. Préférez les conserves au naturel (maquereau, saumon, sardines ). Vous pouvez les rincer à l’eau pour réduire le taux de sel. Optez aussi pour les poissons surgelés qui conservent la majeure partie de leurs bonnes graisses. Évitez ou réduisez la consommation du poisson fumé, car le fumage peut entraîner une perte d’oméga-3 et une augmentation des toxines et des cancérigènes.


Dr Halhol - Médecin Nutritionniste

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@Dr.hafidhalhol